Un accident exemplaire

Le message initial et les échanges entre cadres EFS peuvent être consultés sur le forum EFS :

Echanges sur ce sujet, sur la liste de discussion de l'Union Belge de Spéléo :


 

Géry Berghmans (GSCT) - 04/12/01

  

Salut à tous !

 

   A la vue de ces 2 photos jointes, vous aurez déjà compris de quoi il retourne ...

Ce premier Novembre, notre club était dans le Doubs. Au programme de la journée:"Baume des crêtes"

Tout juste après le passage en descente du dernier fractionné du P40 d'entrée, l'amarrage céda. Pascal (90 kgs),pris une brusque accélération (!) et ne pût jamais freiner suffisamment sa descente. 10-15 mètres de chute, réception au sol sur les pieds et impossibilité de tenir debout. Pompiers, spéléo secours (en stage justement à 2 pas, aux "cavottes") et ... la presse. Dans son malheur, notre accidenté s'en sort avec une entorse et la fêlure de l'astragale.

 

En cause : le cisaillement d'une plaquette vrillée PETZL -ancien modèle- au niveau du trou du boulon ... Du jamais entendu nous semble t-il !

 

   Parmi quelques hypothèses, on peut imaginer qu'avant de passer le fractionné, la plaquette se retourna. Après le passage du fractionné, le mousqueton fît bras de levier, la plaquette entrainée dans sa position normale, mais quelque peu serrée par le boulon, se cisailla.

 

   Vous vous en doutez également, cet accident aurait pût avoir des conséquences plus tragiques !!! Quoiqu'il en soit, il s'agit là d'une malheureuse aventure dont la connaissance doit profiter à tous pour que cela n'arrive plus. Pour notre part, la décision fût immédiate de liquider, au minimum, toutes nos anciennes plaquettes.

   La remise en question d'une habitude d'équipement ne devrait également pas faire honte ( par ex: doublage, si possible, du dernier fractionné ?).

 

  Nous tenons aussi à vous dire ici combien nous avons été impressionné par l'efficacité du spéléo secours français !

 

   Si vous avez d'autres commentaires, n'hésitez pas à m'en faire part. Il faut que la leçon serve.

 

             

          Bien à vous.            Géry du GSCT.

 

 


Paul De Bie (Speleo Club Avalon) - 04/12/01

 

Salut,

 

Je doute que le retournement d'une plaquette peut-être à l'origine du cisaillement; vu le fait que les plaquettes vrillées peuvent être utilisées dans le plafond (on l'a fait à plusieurs reprises) Probablement il s'agissait d'une mauvaise plaquette?

 

En ce qui concerne le doublage de fractios: sauf pour des petites longueurs (de l'ordre de qq. mètres), je conseille de doubler toujours et systématiquement les fractios, et donc pas uniquement le dernier....

 


 

Didier Havelange - 05/12/01

 

Il parlait d'une plaquette vrillée PETZL - ancien modèle qui ne permet pas de travailler au plafonds. Si en plus elle est un peu rongée par l'oxydation et/ou un début de réaction avec la vis en acier, ce type d'accident semble apparemment probable.

 

> En ce qui concerne le doublage de fractios: sauf pour des petites longueurs (de l'ordre de qq. mètres), je conseille de doubler toujours et systématiquement les fractios, et donc pas uniquement le dernier....

 

D'un autre coté, si tu ne doubles pas un fractio sur une petite longueur, en cas de bris d'amarrage, tu te retrouves tout de suite au sol. Ce n'est pas simple tout ça.

 

 


Kris Rotsaert (Speleo Club Cascade) - 05/12/01

 

Awel, si c'est très simple !

 

Comme on m'a appris dans le cour brevet-B (VVS): fais tous les amarrages en double. Si le matos devient trop lourd, utilisez alors des dyneema. C'est moins cher qu'une plaquette et un mousqueton, c'est moins lourd et c'est super car tu peux les utiliser partout (plafonds incompris) et en plus cela ne sait tourner.

 

Dans le Doubs.. (presque) toutes les grottes sont prévues pour double amarrage..

 


 Pierre Cartry - 05/12/01

 

Cet incident me paraît effectivement intéressant à étudier. Cependant je pense que l'hypothèse privilégiée est erronée du moins sur la fin, car elle aurait conduit immanquablement à une rupture de la vis par torsion de celle-ci. Je pense au contraire que la plaquette est restée retournée et dans se cas sa résistance s'en trouve fortement diminuée au point qu'un faible choc suffit pour la rupture. Un serrage de la vis plus important permettrait d'éviter le retournement de la plaquette sans perte importante de la résistance de la vis (voir tests menés par les italiens). L'état de la plaquette ne semble pas à mettre en cause du moins sur ce que l'on peut observer sur la photographie. Ceci n'empêche d'envisager leur retrait des stocks vu leur âge.

 

                                                           


 

Karl Willems (Ecole Flamande de Spéléo) - 06/12/01

 

Salut Joel,

 

Depuis des années on apprend a équiper systématiquement avec les doubles ammarages dans les formations du VVS

Raisons:

- qu'est ce qui se passe quand ca casse?

- 7 membres du WSV (ecole flamande de speleologie) ont passé les  tests d'entrée initiateur a l'efs et ont donc préparé ces tests avec le manuel de l'efs.(2 amm.),  4 membres du WSV sont initiateur,  moi mème j'ai suivi le moniteur.

- on a déja eu des ammarrages cassés nous mèmes (même une broche qui est sorti du trou!)

- l'introduction des techniques légères

 

Il y a un bon article de Rémy Limagne qui a paru dans Spelunca. "Le double ammarrage en questions".

La presque tout les cas sont expliqués. Mais ça revient toujours au même: Qu'est ce qui se passe

quand ca casse?

 

C'est vrai que ca fait bizarre quand on équipe le Wéron, le Rac, V. L . Gambon, les petits puits dans l'église avec des grands broches systématiquement avec 2 amm. Mais nous voulons être consequent.  Ily a qq temps j'ai demandé aux brocheurs pourqoui ils n'ont pas mis deux broches. Le réponse de Patrice Dumoulin était qu'ils ont pensé a ça, mais qu'il y a toujours un amm. naturel qqpart. Et qu'on ne voulait pas que les speleo's perdaient le plaisir et l'oeuil pour l'équipement. Et il a raison. Mais je vois maintenant trés rarement des équipements avec 2 amm quand il y a une broche. Est ce que ce n'est pas notre devoir de la formation de renouveler cette notion de 2amm chez toutes nos amis speleos Belges, et pas seulement ceux qui suivent la formation.

 

 

 


Joël Fontenelle (Ecole Belge de Spéléo) - 06/12/01

 

Ton message est très pertinent, c'est pourquoi, je pense pouvoir en faire bénéficier l'ensemble des spéléos connectés, français et belges.

Une deuxième raison en faveur de cette technique sécuritaire est que l'on ne descend pas seul, le copain accompagnant, n'attendra pas nécessairement qu'il y aie deux amarages entre le précédent et lui-même, avec les risque que cela comporte en cas (improbable bien-sûr !) de rupture de l'amarage intermédiaire (cf article de Eric Snsson, Spélunca suivant)

En tout état de cause, il est recommandé (obligatoire, donc) de doubler systématiquement l'amarage de tête de puits, le départ et l'arrivée d'une main courante, le dernier fraction pas loin du fond, etc...

En ce qui concerne le brochage de nos classique belges, Patrice et les brocheurs fous de l'UBS ont peut être tablé trop sur l'esprit "bon père de famille" sans tenir compte que "facilité déquipement" peut engendrer "laxisme" dans l'équipement.

En fait, le problème s'est déplacé, avec les broches: "Le maillon n'est rien, la chaine seule compte" (Felix Ruis de Arca) A interpréter comme suit, si auparavent, la vis, la plaquette constituait le "maillon faible", l'usage des broches reporte le problème sur le connecteur (mousqueton, spidy, maillon à vis,etc...), voire la corde en elle même (cf Jo M. et son article dans "Spéléo").

Il y a TOUJOURS un maillon faible!

Le role des écoles est de former, soit. mais également de s'informer, de se reycler, et de faire bénéficier l'ensemble de la collectivité des nouvelles techniques, tendances, etc.

Quite même à tenir un langage contraire à ce qui était préconisé il y a quelques années. Adaptation devant être le maître mot.

Merci de m'avoir suivi dans ces méandres dialectiques

Joël

 

Au fait, a-t-on pensé à faire une analyse biologique des plaquettes en cause, y'a p't'et un virus qui ronge l'alu???

 

 


Paul de Bie (Spéléo-Club Avalon) - 07/12/01

 

Bien entendu, je parlais de FRACTIOS (<> ammarage principal). Sauf pour la toute dernière fractio, je ne vois pas comment tu peux te retrouver au sol en cas de rupture.

Moi j'ai depuis longtemps l'habitude de (chercher à) doubler toutes les fractios, mais comme j'ai dit si deux fractios se suivent avec une intervalle de seulement 2 à 3 mètres, je ne les fais pas, à condition que:

a)  les 2 fractios sont bien superposées (donc pas de déplacement en oblique ou à l'horizontale)

b) il n'existe pas de rocher coupante qui pourrait couper la corde en cas de rupture de l'ammarage.

 

En ce qui concerne la doublure de l'ammarage principale: comme Karl l'a dit: c'est obligatoire, même pour des petits puits. Mais entre théorie et pratique il y a pas mal de différence.

 

Que ceux qui n'ont jamais descendu un P5 sur 1 simple ammarage le disent ici!

 

 



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