Fédération Française de Spéléologie |
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1ères Journées nationales d'études intercommissions |
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Ecole française de plongée souterraine |
Ecole française de spéléologie |
Ecole française de descente de canyon |
Les commissions Enseignement de la FFS :
EFPS - EFS - EFC
les 13 et 14 novembre 2004 leurs premières Journées nationales d'étude communes
Les journées d’étude EFS Un travail en amont a été réalisé par les intervenants afin d’exposer leur dossier. La présentation a été faite dans un temps imparti suivi d’un débat. Les thèmes choisis ont été pertinents et ont attiré un grand public. Déroulement Samedi 13 novembre 2004 Dès samedi matin, deux films montrant des tests de matériel ont introduit le sujet que Jean Bottazzi nous a exposé l’après midi. Comment peut-on réaliser des tests ? Quels sont les protocoles à respecter ? Il a donc mis en avant son analyse et ses recherches sur la procédure et à proposé une possibilité de conduite à tenir, permettant d’évaluer les facteurs à prendre en compte pour établir des statistiques fiables. Un exposé pertinent et une clarté donnant des éléments pour se lancer dans les tests de matériel de manière plus concrète. En deuxième partie, Jean Pierre Holvoët a présenté le sujet « comment enseigner la spéléologie aujourd’hui ? » Dimanche 14 novembre 2004 Dimanche matin et durant 3h30, les femmes ont pris la parole pour parler de leur passion, de leur parcours et des difficultés qu’elles ont pu rencontrer. Le sujet a été présenté par Cécile Morlec qui a fait une étude sur les femmes et la spéléo, emportant le 1er prix du concours organisé par la DRJS Midi Pyrénées. Elle a parlé des différents facteurs : social, physiologique, les statistiques mettant en évidence le peu de femmes dans les instances dirigeantes. Ensuite trois femmes spéléologues, Fabienne Ferretté, Véronique Lopez et Florence Guillot ont parlé de leur parcours et se sont exprimées sur leur expérience personnelle.
Samedi 13 novembre « Tests de matériel : mythe ou réalité » Tests et protocoles, par Jean BOTAZZI
On peut avec peu d’essais étudier les interactions entre les paramètres, ce qui est en général indispensable. On peut également choisir de minimiser le nombre d’essais pour augmenter le nombre de paramètres étudiés, par exemple, 12 essais suffisent à faire le tri entre 11 paramètres ! Ces outils ont été utilisés avec succès par le SSF notamment pour étudier les tensions des tyroliennes. Ils sont mis à disposition de tout ceux qui seraient désireux de faire avancer la connaissance. Débat
OUI, dans ce cas on multipliera le nombre d’essais. Il est surtout important de vérifier l’influence des facteurs, ce qui doit être déterminé par la stratégie d’essai. Bâtir le plan d’expérience avec des spécialistes du sujet permet de débroussailler le terrain.
OUI, y’a d’ailleurs un exemple traité dans le dossier « Etude et recherche du SSF » sur les tensions de tyroliennes. Ceci concerne les clubs qui n’ont souvent pas les moyens d’aligner les essais.
Il faut d’abord savoir ce que l’on cherche : est-ce la valeur de casse ? La cordelette provient-elle du même rouleau ? De toute façon l’écart type varie avec le nombre d’essais. La rigueur vient plus du choix du plan d’expérience que du plan d’essai. La logique de répétition n’est pas forcement la meilleure pour en tirer des conclusions générales. Cela dépend de la valeur de l’échantillonnage. On peut retenir 30 lots de dyneema et procéder à 5 essais par lot. Dans le cas de résultats homogènes on peut envisager une extension. Les fabricants le font déjà par obligation et avec des moyens plus conséquents.
OUI mais il s’agit plutôt d’interactions, c’est ce qui surprend le plus.
Les éléments en question sont rares pour une approche statistique. Par contre on peut quantifier l’importance de ces facteurs dans la démarche. La cordelette Dyneema en spéléologie, par Judicaël ARNAUD Travail de recherche de Judicaël ARNAUD dans le cadre du cycle Instructeur/2004. Extrait d'un article paru dans Spelunca. Un cahier de l’EFS va sortir sur l’étude sur la Dyneema. Remerciements Ce travail de recherche n’aurait pu voir le jour et aboutir sans l’aide et le soutient de plusieurs personnes ou partenaires : la société Béal et particulièrement son directeur Michel Béal pour sa disponibilité et le don de 500 m de cordelette pour effectuer les tests. L’ENSA pour la mise à disposition de son laboratoire avec un technicien. L’Ecole Française de Spéléologie pour son soutien financier grâce au Groupe d’Etude Technique. Sylvain BORIE, Nicolas CLEMENT, José MULOT pour leur participation à la campagne d’essai. Georges MARBACH pour ses relectures, sa participation critique à cette étude, à son investissement et sa contribution à l’évolution de notre activité notamment d’un point de vue technique. 1. Introduction
Ce travail se limitera à une utilisation comme amarrages et connecteurs. En aucun cas, ce type de cordelette ne doit être utilisé comme moyen de progression, en raison d’un risque grave de rupture sous choc, même faible. 2. Historique La cordelette Dyneema® en spéléologie Avant 1992, il n’existait sur le marché qu’une cordelette avec une âme Dyneema et gaine nylon. Michel Béal explique simplement ce choix par habitude du milieu montagnard et par imitation de la cordelette kevlar. En 1992, George Marbach sollicite la société Béal pour lancer la fabrication d’une cordelette 100 % Dyneema : âme et gaine. Ce choix a été motivé par le fait que le Dyneema est 6 fois plus résistant à l’abrasion que le nylon. La société Expé s’engage sur une longueur suffisante avec une exclusivité pendant un an. En 1993, la société Petzl sollicite la société Béal pour la fabrication de ce type de cordelette avec la mise sur le marché de la poignée pompe. Fin 1993, Béal regroupe les deux productions, sous une seule référence. Au début, l’utilisation de cette cordelette en spéléologie était « cantonnée » à la confection de pédales. Dés 1993, des mises en garde quand à son utilisation comme corde de progression sont inscrites dans les catalogues des revendeurs. Très vite, certains spéléologues utilisent cette cordelette comme amarrage naturel en confectionnant des anneaux. L’avantage est une grande résistance à l’abrasion avec une résistance à la traction lente comparable aux mousquetons légers. Dyneema® et mousqueton léger forment ainsi un bon duo dans les techniques d’équipement léger. L’AS ou amarrage souple Mais la « révolution » intervient en 1999 avec Georges Marbach (toujours lui !) qui publie dans Spéléo n°32 : Poker d’AS. Il y décrit le principe d’un ensemble amarrage connecteur constitué par un boulon « ceinturé » d’un anneau de cordelette 100% Dyneema, grâce à une pièce de liaison en zicral. La cordelette est utilisée comme connecteur grâce à la confection de nœuds bloquants. A la vue de la demande, ce type d’amarrage est maintenant fabriqué par la société anglaise Climbing Technology. Mais c’est une idée vieille de plus de vingt ans !! Vers 1980, un amarrage original est brièvement apparu sur le marché, fabriqué par TSA d’après une idée de Jean-Louis Rocourt (décrit dans la deuxième édition de « Techniques de la Spéléologie Alpine »). Malgré ce record de légèreté, il n’avait pas trouvé sar place sur le marché, non seulement parce que trop en avance sur son temps, mais aussi sans doute parce que l’un était rigide (câble) et les deux trop volumineux. 3. Mode de fabrication et caractéristiques Caractéristiques techniques de la cordelette 5 mm
Abrasion La mise en place d’un protocole de tests pour vérifier cette caractéristique n’est pas une chose simple. Ce qui est sûr, c’est que le fabricant donne cette fibre comme 5 fois plus statique que le nylon, et c’est ce qui confère au Dyneema une résistance particulière à l’abrasion en comparaison du nylon. On peut néanmoins observer que lors d’une utilisation normale en spéléologie (sous charge et avec un simple mouvement d’oscillation engendré par la descente ou la montée), la cordelette résiste bien aux frottements. Il n’est pas évident que dans la configuration d’un mouvement oscillatoire pendulaire, la cordelette se comporte mieux qu’une corde en nylon. En effet, dans la résistance au frottement, le diamètre de la corde ou cordelette rentre en jeu. Dans cette configuration la caractéristique statique du Dyneema n’a que peu d’importance. Torsion Prenez un anneau de cordelette Dyneema et mettez le sous charge. Effectuez une rotation de la charge pour exercer une torsion de la cordelette sur elle-même. La cordelette ne tarde pas à être dangereusement endommagée et casse. Résultat, la cordelette Dyneema ne supporte pas la torsion. Cela est sûrement dû au point de fusion bas (autour de 150°C), rapidement atteint par l’échauffement de la fibre lors de la torsion. Couper le Dyneema La première étape de l’utilisation de cette cordelette passe par la confection d’anneaux et pour ce faire il faut couper la cordelette. A l’aide d’un cutter et d’un réchaud :
4. Protocole de tests N’ayant pas d’expériences antérieures sur laquelle pouvait s’appuyer cette étude, le choix a été fait de tester de la cordelette Dyneema neuve issus de cinq bobines de 100 mètres chacune fournit gracieusement par le fabricant. La cordelette est dé lubrifiée (par un rinçage comme les cordes semi statiques), prédécoupée par nos soins en longueur de 1,5 m avec des nœuds bien faits. La cordelette Dyneema a été sollicitée de manière statique (à la traction lente) et en dynamique (facteur de chute 0,2 et 0,5) en configuration brin simple et en configuration anneaux. Pour chaque test, cinq essais sont effectués. Si les valeurs obtenues sont proches (écart type inférieur à 10%), le test est considéré comme valide et on prend pour résultat la valeur moyenne des cinq essais. Tests à la traction lente Ils permettent d’avoir, pour une configuration donnée (nœuds), une valeur référence qui permet d’extrapoler sur son comportement en dynamique. La traction s’effectue avec un vérin entraîné par un circuit hydraulique à la vitesse de 720 mm/min. La charge est donnée par la déformation d’un capteur métallique. Tests en dynamique Ils permettent d’avoir pour une configuration donnée, le comportement du matériel en situation défavorable d’utilisation, notamment en ce qui concerne la force de choc. En dynamique le test s’effectue avec une charge de 80 kg guidée par deux armatures verticales et entraînée par un chariot (muni d’une mâchoire à électroaimant) à l’aide d’un mini treuil. Les nœuds sont prés serrés avant le test avec la mise sous tension de la charge sans choc. 5. Résultats Utilisation en brin simple
Interprétation des résultats On peut distinguer deux familles de nœuds :
Une rupture de fractionnement peut induire une force choc de 470 daN, ce qui ne laisse pas beaucoup de marge. Enfin trois tests effectuées sur de la cordelette de 2001 avec d’un côté un nœud de huit et de l’autre un nœud de chaise ont donné aucune résistance à un choc de facteur 0,2 car la cordelette n’a pas glissée. Pour ces raisons, le bon sens nous amène à considérer l’utilisation de la cordelette en simple comme dangereuse exceptée pour la confection de déviations ou de pédales. Utilisation en anneaux
Interprétation des résultats Les nœuds de fermeture « classiques » ont une résistance nominale de l’ordre de 1100 daN à l’exception du nœud de plein poing qui s’échappe à 500 daN et qu’il faut donc proscrire. Le nœud de tisserand simple dans une queue de vache doit être utilisé obligatoirement avec une butée double, car la butée simple n’est pas suffisante (échappement à 867 daN). Aussi nous préconisons pour l’utilisation du tisserand dans une queue de vache la confection d’un nœud de tisserand double avec une butée simple ou double. Le comportement en dynamique de l’ensemble des nœuds de fermeture est satisfaisant à l’exception du nœud de plein poing puisque qu’il résiste à 1 choc de facteur 0,5. Pour le nœud de huit plein poing, il faut prévoir le retournement et le glissement de la cordelette à la sortie du nœud avec une longueur d’environ 8 cm. Utilisation comme connecteur Les chocs sont administrés par l’intermédiaire d’une longe en corde semi statique, et les nœuds de huit sur la corde on été serré au vérin à environ 800 daN.
Interprétation des résultats Le nœud plat et la tête d’alouette ont une résistance de l’ordre de 1190 daN. Avec 5 chutes successives de facteur 1 ou 0,5 sur la corde semi statique, la jonction n’est pas endommagée. Pour le nœud de tisserand, cela dépend essentiellement de la nature de la butée ou du nœud dans lequel il est constitué. Nous retiendrons l’utilisation du nœud de tisserand simple avec une butée double ou une clef Serfati. Avec 5 chutes successives de facteur 1 ou 0,5 sur la corde semi statique, la jonction n’est pas endommagée. Vieillissement La cordelette testée date de 2000 et 2001, soit âgée environ de 4 années. Et le nombre d’essai n’est pas obligatoirement de 5. Comportement des anneaux Dyneema :
Comportement des connecteurs Dyneema :
Interprétation des résultats Le nombre de tests étant insuffisant, il est difficile de conclure sur le vieillissement de la cordelette. Néanmoins, nous pouvons tout de même remarquer que le nœud de pêcheur a un comportement identique à la traction lente. Il semble donc que les caractéristiques nominales ne varient pas, mais cela ne se retrouve pas pour les nœuds de tisserand. Les anneaux noués à demeure ne supportent absolument aucun choc !! Configurations diverses :
6. Conclusions
Les tests ont fait apparaître un comportement glissant de la cordelette puisque tous les nœuds provenant d’échantillons non dé lubrifiés (neuf ou pas) ont glissé (même le pêcheur double). Voir les tests non valide. Aussi, nous conseillons avant utilisation de faire tremper la cordelette pendant 24h puis de la rincer.
La cordelette Dyneema ne supporte que très peu les chocs. Sa tolérance est due au serrage du nœud qui dynamise la cordelette. Son utilisation se fera donc sous tension en privilégiant une liaison directe avec la corde semi statique qui absorbera avant la cordelette une partie de la force de choc.
L’utilisation en brin simple est à proscrire sauf pour la confection de déviations. Il faut noter tout de même que dans le cas d’un tisserand double avec une butée double dans la corde la résistance (841 daN) est nettement supérieure au nœud classique (chaise, cabestan, huit ou vache). Mais le comportement de cette configuration en dynamique (sous chocs) n’a pas été assez étudié puisque nous n’avons pas fait de test avec un facteur 0,5.
Les nœuds de fermeture à utiliser sont le pêcheur double, le huit tressé ou plein poing, le tisserand double (butée double) dans une queue de vache. On peut raccourcir un anneau, par un noeud de huit ou de vache, ou bien le rallonger par un nœud plat. Enfin les anneaux seront dénoués après chaque utilisation pour qu’ils puissent se comporter favorablement en dynamique grâce au serrage des nœuds.
Dans le cas d’une utilisation de la cordelette comme connecteur on peut se poser cette question. Pour les mêmes raisons que l’on ne se longe pas dans une sangle, on ne se longe pas dans un anneau de cordelette même en Dyneema. Si le nœud est un huit, il est bien difficile de se longer dans la ganse. La jonction cordelette - corde à tendance à fermer la ganse du nœud. Il faudra donc lui préférer un nœud de chaise double ou la confection d’un Diju (mickey dont on a refait passer une oreille sous les trois brins du bas).
Au vu des résultats obtenus lors de cette campagne de tests mettant en évidence les caractéristiques de la cordelette Dyneema : - Résistance inférieur à 1500 daN dans une utilisation comme connecteur. - Mauvais comportement aux chocs même faible (≤ facteur 0,3). - Fabrication non encadré par une norme ou une homologation et ne bénéficiant donc pas d’un suivit qualité. Son utilisation nécessite donc une grande rigueur. Le domaine d’utilisation de cette cordelette se fera donc dans le cadre des techniques dites légères enseignées par l’Ecole Française de Spéléologie, qui permet aux spéléologues maîtrisant parfaitement les techniques d’équipements l’utilisation de matériel ne répondant à aucune norme. De plus, une attention particulière devra être apportée lorsque le spéléologue utilise un éclairage acétylène. En effet, le point de fusion (150°C) de la cordelette, ne permet aucun écart de mouvement ! Enfin un anneau qui aurait directement encaissé un choc (qui sera nécessairement faible) doit être mis au rebus. 7. Perspectives Les informations concernant le vieillissement de la cordelette sont insuffisantes et il faudra une autre campagne de tests pour affiner nos connaissances sur ce sujet. La société Béal travail en ce moment à des améliorations techniques sur cette cordelette. Le cahier des charges que nous avons défini ensemble est une résistance à la traction lente dans la configuration anneau de 1500 daN. Béal devrait donc très prochainement (juillet 2005) mettre sur le marché une cordelette homologuée.
Débat
OUI mais elles résistent moins à l’abrasion, la gaine s’en va et c’est plus lourd mouillé. Dans tous les cas il vaut mieux considérer ça comme un connecteur et rester sur du statique.
OUI dans la mesure où nous n’avions pas conscience de l’absence de normalisation de ce matériel. Jusqu’à cette étude nous avions des idées colportées mais pas de valeurs objectives.
Lorsque cette cordelette ne se trouve pas dans le matériel EFS, les stagiaires la sorte de leurs kits !
Quelles sont les valeurs de résistance de matériel acceptable ? Quel est le matériel acceptable en progression ? (Corde de type A, B L, F….) Quel est le coefficient de sécurité à appliquer sur le matériel (industrie 10, spéléo 3, technique light 1,5,…..) dans ce cas il faut être conscient de ce facteur de risque supplémentaire. En réduisant ce coefficient on se rapproche d’un problème lié à l’utilisation ou à un défaut de fabrication. Pour l’EFS la question est de savoir quel matériel est nécessaire dans un enseignement de masse, sachant qu’un utilisateur aguerri a le recul nécessaire pour évaluer le risque.
En ce qui concerne la fusion il se peut que ce soit surtout le diamètre qui pose problème. Ce matériel n’est pas normé car le marché est très restreint. En matériel de club les AS ont des nœuds de pécheur à demeure, cela peut présenter un risque, il vaut mieux prendre la corde d’équipement directement dans la cordelette et travailler sous charge. Dans le cas d’un anneau sur un gros amarrage naturel attention car l’angle risque d’être trop ouvert sur cette cordelette statique. Les cordelettes testées sont des SK 75. Un article paraîtra dans le prochain Spelunca sur le sujet. Samedi 13 novembre « Comment enseigner la spéléologie aujourd'hui » Jean Pierre HOLVOET Dans le cadre des journées d'étude, il est toujours intéressant de confronter nos points de vue sur tout ce qui touche à l'enseignement de la spéléologie. Les pratiques d'enseignement sont extrêmement diverses et il n'est pas inutile de temps à autre de discuter de leur intérêt comme de leurs limites. Mon propos veut simplement faciliter cet échange et inviter chacun, à partir de quelques fondamentaux à réinterroger sa pratique, à l'analyser et à la faire partager. Chacun, ainsi pourra se faire sa propre opinion et enrichir sa manière de faire. Enseigner la spéléologie aujourd'hui c'est tenir compte de l'environnement
Environnement de la grotte Depuis de nombreuses années, pour ne pas dire depuis l'avènement de la spéléologie, nous insistons sur l'environnement du milieu souterrain. En effet, sans environnement pas de cavité car pour reprendre une phrase du regretté professeur Bernard GEZE une caverne c'est "un trou avec de la roche autour" (in "le trou et son environnement" spelunca mémoires n°8 - 1974), et les spéléologues s'efforcent de comprendre comment se forme une cavité, comment elle évolue et comment elle disparaît. Depuis déjà quelques années, nous préconisons une information sur le massif, les réseaux souterrains et une visite des points caractéristiques (pertes, résurgences, vallées sèches, dolines d'absorption, etc). Le faisons-nous dans tous nos stages, y compris dans les stages uniquement techniques (équipement notamment) ? Sommes-nous suffisamment à l'aise pour rendre cette demi-journée attrayante ? Comment chacun s'y prend-il et que peut-on dire de notre manière de faire ? L'environnement c'est aussi faire prendre conscience des conséquences de nos actes sous terre et préconiser une spéléologie soucieuse du milieu (sacs à déchets, remonter ses détritus, sa chaux, etc). Environnement du stage Selon le lieu, nous aurons à tenir compte de la proximité ou de l'éloignement des cavités et donc des temps de transport. La répercussion de cet élément sur l'organisation des horaires est essentielle. Avons-nous au préalable informé les spéléos locaux qui travaillent sur le massif, les avons-nous associés à notre stage ? Qu'en est-il du contexte "politique" ? Les habitants voient-ils d'un bon œil les spéléologues ? Y a t il eu des accidents récents qui ont coûté de l'argent à la commune ? Comment a-t-on prévu d'associer les élus à notre stage (information, rencontre, envoi du rapport de stage …) ? A-t-on rencontré les propriétaires des terrains sur lesquelles s'ouvrent les cavités ? Environnement des stagiaires Mettre les personnes à l'aise, savoir accueillir, régler dès le départ toutes les questions matérielles, dire ce que l'on va faire et comment, permettre à chacun de se présenter et de faire connaissance avec les autres peuvent apparaître comme des questions banales, mais y faisons-nous suffisamment attention ? Le confort de l'hébergement est-il compatible avec la nature du stage et les efforts demandés ? Respecte-il suffisamment l'intimité de chacun ? Qu'en est-il de la nourriture ? Les temps de repos sont-ils suffisants ? L'alternance entre efforts soutenus et temps de récupération a-t-elle été pensée ? Quid de la convivialité ? Enseigner la spéléologie aujourd'hui c'est favoriser l'enseignement de terrain Mettre les stagiaires en situation réelle, leur faire découvrir dans le cadre d'une exploration ce qu'est un pli, une faille, une galerie syngénétique ou paragénétique, les amener à réfléchir in situ sur l'équipement d'un puits, tester la résistance du matériel, réaliser des relevés topographiques dans une cavité et non autour d'un bâtiment sont quelques exemples parmi d'autres. Certes, il n'est pas toujours facile de tout aborder dans un stage, mais le faut-il ? Ne conviendrait-il pas plutôt d'élaborer des programmes moins ambitieux ? Avec les outils modernes de communication, il est parfois tentant d'aborder certaines questions uniquement avec ces supports et de rendre ainsi la spéléologie "virtuelle". Savons-nous toujours privilégier l'exploration, l'observation directe à certains exposés, certes de qualité mais sans autre participation des stagiaires que leur écoute et parfois au détriment de leur temps de récupération ? Savons-nous faire progresser les stagiaires à partir du matériel qu'ils peuvent rapporter de leurs explorations ou mettons-nous un point d'honneur à montrer l'étendue de nos connaissances ? Ceci nous amène au point suivant Enseigner la spéléologie aujourd'hui c'est valoriser les stagiaires dans leur évolution et leurs initiatives. Le cadre doit savoir s'effacer pour toujours mettre en avant la progression des stagiaires et valoriser leurs initiatives. Il cherchera avant tout à mettre en avant les progrès réalisés par le stagiaire, respectera les différents stades de son évolution et le temps nécessaire aux acquisitions. Cette attitude n'est pas aussi simple qu'il n’y paraît car on souhaite parfois que cela aille plus vite, on supporte mal certains retours en arrière alors qu'on pensait telle technique acquise, on s'agace de ne pas être compris, etc. Or, il nous faut souvent être redondant, redonner confiance, motiver et tenir compte de la situation nouvelle. Exemple, un stagiaire peut savoir mettre correctement son descendeur au sommet d'un puits de 10 mètres et ne pas y arriver au sommet d'un puits de 50 mètres, et pourtant c'est le même geste. Sauf qu'il y a la peur en plus … Enseigner la spéléologie aujourd'hui c'est donner du plaisir en répondant aux attentes des stagiaires Aimer ce que l'on fait, savoir le faire partager, rendre les explorations aussi attrayantes que formatrices, apporter des réponses aux questions ou indiquer aux stagiaires comment trouver lui-même ces réponses, intégrer et gérer la fatigue sont quelques uns des moyens dont nous disposons pour faire découvrir tous les aspects de la spéléologie et faire aimer l'activité. Ceci implique de ne pas être stressé soit même, d'avoir anticipé les difficultés éventuelles, de connaître son sujet et de savoir s'appuyer sur les compétences des autres cadres pour prendre le relais lorsque c'est nécessaire. C'est également montrer qu'on ne sait pas tout et qu'on a aussi du plaisir à apprendre et à se perfectionner. Enseigner la spéléologie aujourd'hui c'est utiliser du matériel de qualité. Cela concerne évidemment le matériel de progression pour des questions évidentes de sécurité. Avoir à disposition des cordes récentes, des casques avec un éclairage en bon état de fonctionnement, des baudriers facilement réglables, des pédales adaptées à sa taille, etc. On notera que la sortie du décret sur les EPI va nous conduire à une vigilance accrue dans ce domaine et l'EFS proposera quelques méthodes simples pour que chaque club puisse gérer au mieux son matériel.
Enfin, je terminerai par quelques constats : La réorganisation des stages de l'EFS s'est appuyée sur l'exploration comme étant le point de départ et d'arrivée de toute formation. Or, l'EFS ne comptabilise pratiquement aucun stage d'exploration. Que faut-il en penser ? Est-ce une erreur de jugement ? L'exploration étant la finalité de notre enseignement ne peut-elle être, en tant que telle, intégrée dans la formation ? Autre constat, malgré la réorganisation des stages de formation de cadres, leur modernisation, le nombre de candidats reste désespérément bas. L'accent mis sur la formation des spéléologues a-t-il cassé la dynamique de formation de cadres ? Faut-il chercher les raisons de cette désaffection ailleurs ? Et pourquoi ? La création des brevets d'Etat de spéléologie et la demande croissante des titulaires du BE qui souhaitent obtenir le statut de moniteur fédéral peuvent-ils expliquer pour partie ce phénomène ? La mise en cause quasi systématique de la responsabilité des cadres en cas d'accident justifie-t-elle également cette situation ? Le renouvellement très lent et le vieillissement de la population des spéléologues fédérés doivent-ils être pris en compte ? Autant de questions qui méritent qu'on s'y attarde, mais qui ne doivent en aucune manière altérer notre volonté de toujours mettre en place et réaliser des stages de qualité. Il vous appartient après ces propos rapides et parfois provocateurs de nous faire part de votre expérience, de vos retours d'expérience, pour prendre des termes d'actualité, afin qu'ensemble nous poursuivons cette tâche difficile mais néanmoins exaltante : Enseigner la spéléologie. Débat
Comment répondre aux attentes des clubs qui font majoritairement de la classique. L’intérêt pourrait se trouver dans une approche de découverte d’autres secteurs mais cela se fait aussi en inter club. Les outils de mesure de la satisfaction. Les questionnaires en fin de stage indiquent une satisfaction proche des 100% mais qu’en est-il 6 mois après ? Les valeurs EFS d’aujourd’hui basées sur l’exploration sont-elles véhiculées ? La topographie peut paraître trop sérieuse, et on a parfois un problème d’ambiance dans les stages avec un enseignement aseptisé. L’accent pourrait être mis sur la convivialité, ex : barnum, fête de fin de stage Eviter la routine des stages, la spéléo c’est partager. Il est important de bien préparer les stages pour travailler sur la qualité. On peut préférer l’exploration à la classique ou réciproquement, cela dépend du club, du massif,… Les activités plus ludiques comme le canyon peuvent être préférés à la spéléo. Les week-ends de formation doivent répondre à un besoin local Ne pas perdre de vue une pratique autonome de l’activité. Former des gens pour qu’ils choisissent ensuite leur type de pratique L’évolution vers une société de consommation amène une demande forte au niveau des clubs pour consommer des sorties. Une problématique se pose pour amener ces personnes vers un investissement personnel dans la pratique. Devant le renouvellement rapide des fédérés comment transmettre le virus spéléo en si peu de temps Ce débat va être prolongé en 2005 pour interroger tous les spéléo sur leurs attentes et leurs besoins. La fédération organisera les assises de la spéléo au dernier trimestre 2005. Dimanche 14 novembre « Spéléologie, regards de femmes » "Femmes, sport, et spéléologie", par Cécile MORLEC Cette étude est la concaténation des documents suivants: « Les femmes et la spéléologie » : Etude analytique de Cécile Morlec (téléchargement : 1,1 mo format .doc) « Les femmes et la spéléologie en Midi-Pyrénées » : Etude statistique du CSR Midi-Pyrénées (téléchargement : 575ko format .pdf)
Ces remarques sont applicables à la spéléologie, avec certaines réserves en ce qui concerne la compétition. On pourrait y ajouter des éléments plus spécifiques à ce sport tels qu’une force physique moindre, un abandon prolongé de la pratique lors de la grossesse (et les difficultés de reprise en découlant)… Pour ces journées d’étude, j’ai choisi de présenter quelques données pouvant expliquer la désaffection des femmes envers la spéléologie. Cette compréhension est un élément essentiel pour établir un plan d’action visant à motiver les femmes et valoriser leur action au sein de la FFS. Le facteur social 1. Temps libre La spéléo est un sport qui se pratique de façon régulière et nécessite beaucoup de temps libre (ce n’est pas un sport qui se pratique « 1 h le soir »). Hors les hommes consacrent en moyenne 2 fois plus de temps que les femmes pour les sports, et le temps parental augmentent nettement pour les femmes entre 25 et 40 ans. Quelques solutions :
2. Manque de référence et de contacts féminins
3. Comportement individuel et attentes Les femmes sont en général, par rapport aux hommes :
Les intérêts :
Motivations : Les principales facteurs de motivation à la pratique d’une activité sportive sont:
4. Le groupe Privilégier la mixité au niveau de l’encadrement. Au niveau du groupe : éviter une seule femme dans le groupe Réprimer les attitudes sexistes vécues comme une injustice et qui entraînent : démotivation, prise de risque inconsidérées, refus des responsabilités… 5. Niveau de vie Force est de constater que les femmes ont souvent un revenus moins importants (beaucoup d’emplois précaires et de temps partiels) pour des charges familiales plus importantes. Les femmes ont souvent à faire face à des problèmes financiers plus importants que les hommes. Solutions possibles :
Données Physiques et Physiologiques La connaissance de notre physiologie permet à chacun d’entre nous de mieux se connaître et d’apprécier, à leur juste valeur, nos coéquipiers et coéquipières. Les différences observées peuvent également expliquer certaines préférences (cavités étroites, grands puits…). Cependant, la diversité du genre humain est telle, que je laisse le soin à chacun d’entre vous de se reconnaître ou non dans les descriptions qui précédentes, et qui sont forcément des généralités. Voici un résumé des sujets abordés.
Conclusions 1. Afficher la volonté de la FFS Définir une politique de la FFS en matière de parité, fédération des femmes… Communiquer à tous les niveaux : national, régional, départemental, clubs, et envers les femmes (qui ne se sentent pas toujours concernées, faute d’informations). 2. Agir Réaliser une étude approfondie des attentes des femmes pour définir les actions à réaliser. Ensuite, définir des moyens (choix d’une organisation : commission femmes par exemple, recherche de financements, moyens de communication…), permettant de réaliser les actions. Proposer un plan d’action au niveau national. 3. Evaluer régulièrement les résultats Mesurer l’efficacité des actions entreprises, et réajuster en conséquence le plan d’action. Rendre compte à tous les niveaux (communication). Il faut prendre en compte les problèmes spécifiques aux femmes, sans les mettre à part Débat P. B. : Une statistique manque dans ton étude. S’est on posé la question de la durée moyenne de pratique d’un spéléo homme par rapport de celle de la femme ? Est-ce un oubli ? C. M. : La question n’a pas été abordée car elle a rencontré beaucoup de difficultés pour obtenir des chiffres dans tous les domaines. Elle n’a pu traiter que les sujets où des études avaient été préalablement étudiés. Il s’avère qu’il manque beaucoup de chiffres pour analyser le problème dans sa globalité. Une enquête par Midi Pyrénées a été faite en parallèle de son étude. Cécile n’en a eu connaissance qu’en milieu de son travail et a pu recouper et partager divers points. Une personne dans l’assistance précise : Jean Paul Couturier a aussi mené un travail en Ile de France sur les femmes et leur place dans le sport. C. M. : La problématique de la participation de la femme dans le sport a été abordée uniquement il y a 2 ans (MG Buffet). Nous n’avons pas à ce jour suffisamment de recul sur les actions mises en place.Elle relance le débat signalant que « sans doute beaucoup femmes arrêtent la spéléo lorsqu’elles ont des enfants ». Une question est posée à propos de la garde d’enfant : Peut-on envisager des solutions ? Cécile Morlec: Il semble que l’aide du gouvernement consacrée aux femmes a porté ses fruits. Dans un stage dans le Lot (Rémy Limagne) une nounou était présente. Mais cette solution a ses limites car le coût devient rapidement important (3 enfants). De plus, à partir de 3 à 4 ans, l’enfant doit accéder à des activités en journée mais aussi le soir. D’autres solutions pourraient être envisagées : Faire plusieurs stages en parallèle (enfants / parents: stage famille mais qui peuvent être aussi des stages qualifiants). Patrick Bonnard suggère que la fédé subventionne des aides pour les nounous. Cécile : Plus globalement l’Etat (JF Lamour) a demandé à ses fédérations sportives de travailler sur des plans de féminisation. Il faut se pencher sur l’intégration des femmes dans ce cadre plus global. Florence Guillot souhaite changer de sujet et lance le débat sur la place des femmes dans les instances dirigeantes : plus on monte, moins on trouve de femmes. Et ceci est principalement vrai dans le milieu de la spéléo, alors qu’elles ont trouvées leur place en escalade. Il n’y a aucune femme depuis 3 à 4 ans au comité directeur. Elle demande si il y a des femmes à la direction nationale de l’EFS. Emmanuel Cazot répond par la négative, mais précise que plusieurs correspondants régionaux sont des femmes. Parcours de femmes Fabienne FERRETTE / Club de l’Aven (84) Elle nous fait part de son vécu suite à un arrêt d’un an pour cause de maternité. La reprise a été difficile à cause du physique et aussi du moral (angoisses, peurs, culpabilité de laisser son enfant...) Un projet est à l’étude sur le Vaucluse pour des stages parents / enfants / gardes d’enfants...
Une commission féminine a été crée au sein du C-D-S 84 en 1996 à la demande de notre président Didier DELABRE. La politique de l’époque était de développer le sport au féminin, programme relayé par jeunesse et sport. Je m’occupe de cette Commission avec deux autres personnes. Nous avons pour but de servir de relais entre ce sport et les pratiquantes, de recueillir et d’analyser également les différents problèmes spécifiques aux femmes lors d’une progression. Nos début ont été très difficiles : désintéressement total, aucune compréhension de l’utilité d’une commission féminine autant de la part des hommes que des femmes. Nos premières sorties se résumaient à trois personnes : les organisatrices. La persistance et un gros coup de gueule on fait qu’il y a deux ans lors de notre sortie annuelle le nombre de participants a plus que décuplé. Nous ne nous voulons pas sexiste et nous organisons des sorties ou tout le monde est cordialement invité. Nos activités :
Florence GUILLOT (Ariège) Spéléo depuis plus de 20 ans. Pratique en clubs, en région parisienne (4 ans) puis en Ariège (20 ans). Pratique professionnelle sur 15 saisons. Pratique amateur en classique, explos-topos, expés à l’étranger (13 expés : Picos, Thaïlande, Laos, Indonésie, Papouasie, Birmanie), spéléo secours (C.T. 09 et CTN de 1993 à 2004) encadrement de stages (une quarantaine de stages) dont EFS (initiateurs, moniteurs, instructeurs, perfectionnement pour plus d’une vingtaine de stages) et S.S.F. (Equipier/chef d’équipe, C.T. pour 12 stages), encadrements en clubs ou pour C.D.S. et S.S.F. 09. Une évolution personnelle en trois temps :
Des relations très divergentes suivant les situations et les milieux :
Une vraie disproportion :
Cette allergie caractérise le plus souvent des spéléos moyens qui auraient préféré être meilleurs. Les relations les plus faciles sont souvent avec les très bons spéléos qui n’ont rien à prouver et qui ne sont donc pas en concurrence avec les autres. Mais ces derniers sont plus souvent des gens de terrains et sont peu nombreux dans les « instances » fédérales et commissions nationales, ce qui explique probablement la difficulté plus importante de l’intégration des femmes dans ce type de milieu. Des difficultés réelles dans le milieu du secours spéléo : exemples nombreux et redondants d’une spécialisation des femmes vers des activités type secrétariat ou ASV. La très faible quantité de femmes en stage équipier/chef d’équipe est justifiée par leur niveau technique et physique par des C.T. qui n’hésitent pas à envoyer des hommes ayant un mauvais niveau technique et physique dans les mêmes stages… Si je suis consciente que dans beaucoup de cas le physique des femmes n’est pas adapté à une pratique du portage, ce n’est pas toujours le cas et le jugement du niveau d’une femme est toujours beaucoup plus sévère que celui d’un homme. L’impression d’une meilleure intégration dans le milieu professionnel que dans le milieu fédéral. En effet, si on entend souvent des critiques de femmes sur des diplômes fédéraux (ex : ouais, elle est monitrice, mais tu sais, elle n’a pas la pêche, elle est lente…) on en entend presque pas dans le milieu pro où il semble normal qu’il y ai des femmes BE. C’est le milieu qui fait la différence et probablement pas les personnes, car les mêmes spéléos sont tolérants quand il s’agit d’une BE et moins pour une monitrice ou une femme en secours. Par expérience personnelle dans les stages fédéraux diplômant la femme doit plus que prouver : alors que le niveau demandé est dans la théorie, le même, il est plus difficile pour une femme de réussir parce qu’on lui demandera plus et que le doute ne lui profitera jamais, parce que la pression est clairement plus forte et souvent carrément exprimée oralement. Conclusion : Point général : il est déroutant de voir que le milieu fédéral a très peu -voire pas- évolué sur ces dix dernières années, alors que d’autres fédés -comme le milieu escalade- ont connu une évolution positive. Il y a certainement un problème à traiter vu la disproportion énorme entre le nombre de femmes fédérées et leur place dans les instances fédérales et dans le milieu du secours. Il faudrait arriver à des relations normalisées qui ne doivent pas tendre ni vers le machisme ni vers le favoritisme à l’égard des femmes. Point personnel : aujourd’hui, je regrette profondément d’aimer faire de la spéléo car j’aurais pu dans d’autres activités bien mieux m’épanouir que dans celle-là. Débat
Manu Cazot : Il essaye de trouver une explication au fait que les hommes ne prennent pas au sérieux les femmes lors des réunions. Il prévient que sa tentative va faire sourire tout le monde… Les femmes ne représentent-elles pas aux yeux des hommes leur mère. Ne les ramènent-elles pas à la famille et à leur responsabilité. Peut-être que les spéléos cherchent dans cette activité à fuir la famille, la mère ?…rires. Michel Isnard : Il tente d’expliquer le fait que les hommes soient choisis et sollicités lors de postes vacants contrairement aux femmes. Il admet que le choix se fait en priorité sur les hommes. Il donne comme prochain objectif : penser aux femmes. Delphine Molas souhaite remettre en place certaines réalités : Effectivement les problèmes de garde d’enfant sont des freins à la pratique de la spéléo. Mais cela ne concerne pas tout le monde car toutes les femmes n’ont pas obligatoirement des enfants. De plus l’on constate également que les femmes diminuent largement le sport dès l’âge de 19 ans. Elle pense que les femmes n’ont pas de modèle féminin en spéléo et qu’il faut tendre à leur en apporter. Dans un club où il y a des femmes, les femmes s’inscriront. Les femmes n’ont pas nécessairement des ambitions fédérales ou dans l’encadrement et elles on le droit de pratiquer sans pour autant avoir le désir de s’investir. Les femmes doutent souvent d’elles mêmes. Il faut parfois simplement dire aux femmes qu’elles sont capables de faire telle ou telle chose, pour qu’elles le fassent. Le débat s’accélère, les idées fusent... Cécile Proust tient à spécifier que la compétition existe aussi en spéléo. Inconsciemment les hommes cherchent à s’évaluer, même en spéléo (qui remontera plus vite.. qui ira plus profond ?) contrairement aux femmes qui n’ont pas du tout cet esprit. Pour sa part elle cherche à se faire plaisir tout simplement. Florence Guillot : Les femmes ont beaucoup plus à prouver. Le jugement des mecs envers les femmes est plus dur. Une femme de l’assistance parle de son vécu dans les arts martiaux : elle a reçu un accueil beaucoup plus sympathique de la part des hommes dans cette discipline par rapport aux spéléos. Alors que c’est un sport de compétition et de combat. Pour sa part, elle pense qu’il ne faut pas attendre d’être encouragé et qu’il faut se battre. Evelyne Lluch approuve et précise que la rage doit être autant féminine que masculine... pour pouvoir avancer. José Mulot : Il est inquiet et se demande si les hommes vieillissent mal et deviennent de plus en plus c... ? Dans son travail (ZEP en difficulté) il ne ressent pas de différence entre filles et garçons. Les ados ne semblent pas avoir le même problème que les adultes. Cécile Morlec : Elle a toujours été avec des hommes pendant et après ses études. Elle n’a pas senti la différence garçon/ fille jusqu’à environ 18 ans... c’est à partir de ce moment là que la différence physique se fait sentir. De plus, on ne se rend pas compte qu’il y a du sexisme quand on est jeune, mais le boulot nous en apporte rapidement les preuves. Florence Guillot trouve le sexisme supérieur en spéléo que dans le monde du travail. Elle ne comprend pas pourquoi. Evelyne Lluch : Elle a eu l’occasion de participer aux journées de la « femme et le sport ». Elle a ressenti que ses difficultés étaient les mêmes quelle que soit l’activité sportive. Elle explique que dans une pratique professionnelle de la spéléo, et donc dans la majorité des cas dans l’encadrement d’enfants, il n’y a pas de différence homme femme aux yeux des enfants. Il s’agit plus d’une relation d’élèves à élèves entre eux. Ce n’est pas le cas en milieu fédéral et en club en particulier où la moyenne d’âge est plus élevée. Véronique Lopez : Il suffit de constater la différence d’intégration lors de l’arrivée de garçon et de fille dans un club. La fille n’équipera pas, ne portera pas de kit... sera mise à part ou plutôt « suivra », alors que le garçon aura un rôle actif beaucoup plus rapidement. Avec de telles attitudes, les femmes finissent par devenir sexistes. Jean Bottazzi : Même si il n’y a pas de compétition, on peut rapidement s’apercevoir qu’inconsciemment les spéléos sont à la recherche de preuves de leurs capacités. Tout nouveau venu est jugé, évalué... il doit faire ses preuves. Est-ce que ce jugement permanent crée une épreuve de plus pour les « jeunes filles » qui doivent déjà montrer beaucoup d’elles-mêmes ? Un homme dans la salle (la soixantaine) : Il n’aime pas voir arriver des couples dans son club. Dans un couple, si il s’avère que la femme est plus douée que l’homme pour pratiquer la spéléo, l’homme fini par arrêter... et donc la femme finit par ne pas venir... Il a toujours la crainte en voyant arriver des couples que la différence fasse qu’il en perde deux d’un coup... au lieu d’en gagner un. L’assemblée semble d’accord et quelques exemples des difficultés de pratiquer en couple sont donnés. Il est souvent le cas du niveau différent des pratiquants. Delphine Molas revient sur les propos de Cécile Morlec et sur l’expression : « t’es un vrai mec ». Il faut savoir qu’à la base c’est un compliment et que cela d&eacu |