Compte-rendu de réunion

 
JOURNEES D'ETUDES INTERCOMMISSIONS / 11 et 12 novembre 2006

Méaudre (Isère)

 

Table Ronde EFS (samedi 11 novembre)

La formation continue des cadres de l'EFS

 

Animateurs : Emmanuel Cazot et Philippe Kerneis,

Synthèse et prise de notes : Thomas Dobelmann

Etaient présents (entre autres) :  Marcel Meyssonier, Pascal Béteille, Emmanuel Cazot, Patrick Peloux, Jean François Godart, Marc Jouin, Olivier Guérard, Mathieu Rasse, Jean Bottazzi, Valérie Plichon, Thomas Dobelmann, Vincent Biot, José Mulot, Christian Marget, Alexis Augustin, Jean Marc Verdet, Gérard Cazes, Michel Isnard, Philippe Kerneis

Introduction

Pourquoi ce thème ? C'est un sujet récurrent depuis 2, 3 ans au sein de la direction nationale EFS dont l'origine provient en partie du questionnement des clubs et des CDS sur la mise à niveau des cadres n'ayant plus exercé depuis longtemps et qui ne sont plus à jour sur le plan des connaissances ou ne se sentent plus à même d'encadrer par manque de pratique.

Des initiatives ont été prises mais n'ont pas abouti.  Nous sommes ici pour nous poser la question de la nécessité de la formation continue (FC), de son caractère obligatoire ou non, de son contenu et de ses modalités.

Vocabulaire

Recyclage ou formation continue ?

Le terme recyclage indique l'idée d'une remise à niveau ou d'une vérification des acquis.

Celui de formation continue est plus centré sur l'acquisition de nouvelles connaissances, le suivi de l'évolution des pratique et des mœurs.

Les deux termes sont employés parfois l'un pour l'autre mais les participants semblent bien distinguer la nuance.

Deux aspects  bien distincts

1.      Maintien des acquis : on ne fait que "réviser" ce qu'on a appris en formation initiale.

2.      Apprendre (de nouvelles choses), évoluer dans ses pratiques et ses connaissances.

Comment diffuser l'évolution des techniques, des institutions  fédérales (côté interne)?

Comment diffuser les évolutions externes ? Législation, connaissances scientifiques (environnementales, physiologiques, etc…), politique (développement durable).

Comment faire face à l'évolution de la jurisprudence en terme de responsabilité lors de l'encadrement de stage ? Question importante : si il y a Formation continue (et donc nouveaux  apprentissages) ne faut-il pas une validation "officielle"?  

A qui s'adresse la formation continue ?

 Les besoins des cadres sont différents selon la date de leur formation, de leurs centres d'intérêt personnels. Le nombre de cadres à recycler est important.

  • Ne nous limiterions nous pas dans un premier temps aux seuls cadres actifs en stage ? Le problème c'est que de nombreux cadres sont très actifs au sein des clubs et pas forcément en stage EFS ou départementaux. Ne faut-il pas les former eux aussi ? Oui mais on peut considérer que les  stagiaires EFS vont diffuser les connaissances et les savoir-faire acquis en stage au sein de leurs clubs. Ce vecteur de co-formation des cadres doit être favorisé même s'il est difficilement évaluable.
  • José précise qu'au contraire l'énergie dépensée pour la formation continue doit l'être pour les cadres qui justement ne veulent pas se former et ne participent pas aux stages EFS.
  • Il faut envisager non seulement la remise à niveau des anciens cadres mais aussi la  formation continue pour les nouveaux cadres car des thèmes essentiels ne sont pas forcément abordés dans les formations de cadres actuelles par manque de temps or les connaissances évoluent rapidement sur tous les plans : pédagogique, législatif,  technique,…

La formation doit donc s'adresser a priori à tous les cadres. Actuellement la fédération compte 335 cadres actifs pour 1600 brevetés.

Quelles modalités pour la formation continue ?   

Solution 1 : la remise à niveau au sein des stages existants.

Peut-on utiliser les stages existants pour recycler les cadres ? Exemple : peut on recycler un cadre dans un stage de formation de cadre ? et comment ?

En doublette ? Mais en tant que formateur ou en tant que stagiaire ?

  • Jean-François fait part de son expérience.  Une solution qu'il a pratiqué couramment : recruter des cadres à jour lors de stages qui pourront apporter du renouveau dans une équipe d'encadrement plus ancienne. Cette formation "en interne" a l'avantage de se faire assez naturellement.  Mais à condition que le responsable du stage ait la volonté de se remettre en question (nouvelles cavités, nouveaux cadres, ….). Il propose d'ajouter un label aux stages qui rempliraient certaines conditions propices  à cette remise à niveau : recruter des cadres à jour sur la technique, des cadres à jour sur d'autres domaines (scientifiques, fédé, etc…) et mixer avec des cadres qui veulent se remettre à jour.
  • Selon Nicolas : un cadre qui veut encadrer mais ne s'en sent plus les compétences, doit interpeller un responsable de stage pour lui demander d'incorporer à nouveau un niveau de cadre stagiaire. La situation est similaire à celle des moniteurs stagiaires.
  • Christian : le système de cadre "stagiaire" peut poser problème car il peut mettre mal à l'aise le cadre qui  est sensé former des stagiaires mais aussi là pour réacquérir des connaissances. Il pourrait  se mettre en  porte à faux vis-à-vis des stagiaires.
  • Pascal est en faveur de cette doublette : Le cadre qui a besoin d’une remise à jour de sa formation sera sans doute plus motivé et intégré à l’équipe s’il effectue son stage avec le rôle de cadre dans un stage perf ou initiateur, et non a nouveau en tant que stagiaire.

Problème financier : s'il faut doubler les cadres, le coût supplémentaire engendré est –il supportable ?  Faire payer ou non le stage au cadre stagiaire ? Si oui dans ce cas uniquement la part bouffe + hébergement ?  

Problème de place : seulement 6 stages initiateurs pour déjà 15 à 20 moniteurs et BE stagiaires. Les stages sont saturés ! Matériellement nous n'avons actuellement pas les moyens d'insérer la totalité des cadres à recycler dans les stages EFS existants. Ils ne sont pas en nombre suffisant.  

Remarque : En spéléo,le moniteur doit effectuer un stage tous les 3 ans minimum pour rester actif. N'est-ce pas aussi un gage de maintien des connaissances à jour ? Oui sauf s'il effectue toujours le même stage, avec les mêmes cadres dans l'autarcie la plus complète et sans contact avec l'extérieur ni volonté de se maintenir à jour.

Solution 2 : un stage spécifique de remise à niveau  

Un stage spécifique de remise à niveau ne serait-il pas mieux adapté ?

En effet le système de doublette s'effectue sans référentiel de connaissances à mettre à jour et risque de tomber dans l'informel et l'approximatif en omettant d'aborder des points importants.

Le stage spécifique a l'avantage de pouvoir aborder un programme ou des thèmes précis et donc d'uniformiser un peu les connaissances des cadres. Il permettrait de toucher davantage de cadres.

Au regard des difficultés de mettre les doublettes en place , cette solution semble la plus viable. L'assemblée en convient globalement.

Organisation et contenu de ce stage ?

 quelques idées, dans le désordre issues du débat :

  • Décentralisé (au moins un par région karstique)
  • Impératif de convivialité.
  • Deux stages ? un court et un long ?
  • Un stage de deux jours obligatoire toutes les x années tournant dans les différents massifs.
  • Une journée sur technique et sécurité ?
  • Une journée plus large sur l'environnement ?

Formation continue : obligation ou volontariat ?

Les brevetés seront-ils volontaires pour se former ? Si non faut-il envisager le caractère obligatoire de la FC ?  Si la FC devient obligatoire doit-on également envisager une sanction / validation en fin de stage ?

  • Cazou : "…dans les années 80, des stages de mise à niveau, notamment sur le plan scientifique avaient été mis en place. Ca a été abandonné car les cadres n'estimait pas nécessaire de continuer à se former."

Quelques exemples pris autour de nous :

-       L'EFC a fait ainsi le choix de la journée obligatoire. Sans cette journée, le cadre perd le droit d'encadrer. Mais n'est-il pas utopique d'imposer une quelconque obligation aux spéléos ? Risque de refus global.

-       Exemple de la formation continue des secouristes  : un journée par an sans remise en question du diplôme mais à caractère obligatoire sous peine de perdre le bénéfice du diplôme jusqu'à la prochaine journée de FC.  

 Quelques réactions :  

  • Jean-François : pas d'obligation, pas de validation sinon on aura personne.
  • Nicolas : pas d'évaluation sanction car c'est très mal vécu. Et on apprend mieux sans la pression d'une évaluation.
  • Christian : pas de sanction.
  • Marc : Pas d'évaluation sanction. Pour une simple demande de recyclage de la part des brevetés dans les clubs c'est un peu sévère d’imposer une FC obligatoire. Ca ne correspond pas à la demande.
  • Manu  : oui mais s'il s'agit de réviser des connaissances ce n'est effectivement pas nécessaire mais il y a des données nouvelles qu’il est obligatoire de connaître et de communiquer…
  • JEF : l'ingérence du président du club pourrait permettre d'orienter les cadres vers la journée de remise à jour de l'EFS.   

Finalement

 En évacuant le côté litigieux de l'obligation qui n'est toujours pas résolu.

Consensus sur la création d'un stage annuel d'une durée de deux jours (week-end) avec un contenu bien précis. Celui aurait lieu alternativement dans plusieurs massifs.

En compromis de dernière minute, le stage pourrait être nécessaire pour continuer à encadrer mais seulement toutes les "x" années.

 

D'après les notes de Thomas Dobelmann.

 

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