Ecole Française de Spéléologie

Stage Initiateur / Perfectionnement - Juillet 2003

Organisation et bilan du stage

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Questions d'organisation

1. Huit ans de stages à Montrond

Le 8 juillet 1995 débutait le premier stage Initiateur international au refuge du GCPM de Montrond le Château. Seize stagiaires, dont trois Roumains, et huit stagiaires débutants en parallèle. Depuis, et jusqu'à la fin de ce siècle, le nombre de stages et de stagiaires n'ont fait que croître (4 stages en 2000, et 42 participants au seul stage de juillet). Le plateau de Montrond était devenu, et de loin, le site accueillant le plus de spéléos en formation en France.

L'équipe à l'heure du dîner

Dans le puits d'entrée de la Baume des crêtes

C'était le "bon ?" temps où le stage de juillet était officiellement déclaré complet dès le mois d'avril, ce qui laissait un laps de temps confortable pour mobiliser les cadres, planifier les rotations d'équipes, préparer la documentation, la quantité de matériel nécessaire...  L'excès du nombre de demandes d'inscriptions en stage initiateur permettait aussi de dialoguer à l'avance avec les candidats, certains étant plutôt orientés vers un stage "perf" au vu de leur liste de courses.

Je lis sur le compte-rendu du stage I/09/95 "jeudi 13, Baume des Crêtes, cote atteinte : siphon amont, TPST 8 heures" ; "mardi 11, Vauvougier, cote atteinte : fond, TPST 9 heures" ; "lundi 10, Mont Ratey, cote atteinte : -238m, TPST 10 heures"...

Et maintenant ?

8 candidats à l'initiateur de juillet 2003. Trois seulement officiellement inscrits un mois avant (le 12 juin), et 7 en stage découverte ou perf... Alors : combien d'équipes ? Combien de cadres ? Combien de matériel ? Combien de repas ? etc.

Les inscriptions tardives qu'en fait-on ? (par "tardive", il faut bien entendre jusqu'au premier jour du stage... inclu !). "Pas de problème c'est ok, mais plus le temps de t'envoyer la convocation". Pas de problème c'est vite dit : trouver deux moniteurs de plus quelques jours avant c'est rude. Et le matériel, il va en manquer : un aller-retour de plus.

"Et si on vidait quelques fûts, ça ferait de la place..."

Ouais ! 4 AS pour une dév... Manque de matos vous disiez ?

Bref, la machine s'est déréglée. Il devient bien difficile et hasardeux d'organiser une semaine de stage dans ces conditions d'incertitude. Par chance la gestion du refuge de Montrond est particulièrement souple et arrangeante, mais comment cela se passera-t-il pour un responsible de stage qui devra verser 30% d'arrhes à une structure d'accueil deux mois avant son stage ?.

De quoi décourager bien des bénévoles assurément. Et s'il est un message que je voudrais faire passer auprès des futurs stagiaires c'est celui-ci : mettez-vous un peu à la place des organisateurs bénévoles de stages, inscrivez-vous raisonnablement à l'avance, sinon il n'y aura bientôt plus d'organisateurs... et plus de stages !

2. Juillet 2003 "millésime du soleil"

Tous ceux qui l'ont vécu en ont encore un souvenir ému : le stage de juillet 2000 s'était déroulé intégralement sous une pluie incessante et une température qui n'avait jamais dépassé 12 degrés... Juste retour des choses : pas une goutte de pluie cette année. Que du bonheur ! Même pas de menace d'orage, tous les trous accessibles : Belle Louise, Verneau..., les vêtements qui sèchent en un clin d'oeil, et même le feu d'artifice sans parapluie.

Cherchez Odile...!

Préparation de la "bouffe de trou"

Toute une semaine sans incident donc, si on oublie la "tragique" glissade qui a neutralisé un cadre dès le premier jour, compliquant encore un peu plus la gestion des équipes. Sans commentaire.

N'empêche : grâce à tout le monde, l'ambiance a été super, même si on n'est pas allé très profond sous terre. Mention spéciale - comme chaque année ! - à monsieur et madame Decreuse et Sandrine, pour l'excellence de leurs repas.

3. La participation étrangère

Le caractère "international" de ce stage de juillet ajoute toujours un peu de complexité dans l'organisation. Il s'agit d'acceuillir des "experts" venant de pays qui ont signé avec la France des accords d'échange dits "bigouvernementaux". Ces signatures interviennent au mieux courant mai, et il ne reste donc que quelques semaines pour sélectionner au sein des fédérations concernées les heureux bénéficiaires... au risque d'ailleurs de ne trouver aucun volontaire comme ce fut le cas cette année avec la Roumanie qui n'a envoyé personne !

Ce sont Andràs et Denès qui ont représenté à ce stage la fédération hongroise de spéléologie. Les échanges avec la Hongrie sont actifs depuis 1990, et c'est la fédération étrangère qui compte le plus de brevetés FFS (une quinzaine d'initiateurs et un moniteur).

Décontracté le bilan !

Non, non, ce n'est pas l'auto des Hongrois... Eux ils sont venus avec une automobile, eux...

Durant ces années, nous avons pu observer l'évolution très rapide de la pratique spéléologique chez les Hongrois. Il y a dix ans, ils arrivaient avec du matériel bricolé (harnais cousus dans des ceintures de sécurité automobiles, "clones" de matériel français usinés dans des matériaux à résistance non testée...). Cette époque est révolue. Désormais la majorité des spéléos hongrois sont équipés de matériel de fabrication française, bien que la faiblesse de leur pouvoir d'achat leur impose des sacrifices considérables. Mais la sécurité n'a pas de prix...

Par chance cette année, Béla notre moniteur hongrois a pu suivre presque en permanence cette équipe. Heureusement car ni Andràs ni Denès ne parlaient un mot de Français, et guère plus en Anglais ! Toutefois, grâce à leur traducteur attitré, ils ont pu suivre les exposés et même assurer une séance pédagogique. Félicitations à nos deux nouveaux brevetés hongrois.

L'heure des bilans

Les groupes Initiateur et Découverte-Perfectionnement ont procédé chacun de leur côté les dernier jour au bilan de leur formation. Ci-après les remarques formulées, et quelques éléments de réponses.

 En premier lieu les remarques du groupe Initiateur (d'après les notes de Jean-Luc Front)

Hors des Ordons

  • Séance dans la grande doline très appréciée (techniques d'encadrement), si possible en faire plus.

Si possible oui. Mais c'est moins drôle quand il pleut...

  • Avoir un micro équipé d'un logiciel topo (visual topo)

C'est possible. Mais la philosophie de la journée "topo" est de rendre cet aspect de la spéléo accessible à tous, avec du matériel de base.

  • Manque de lumière au niveau du local matos et de la grange pour s'entraîner

Remarque peu utile en fin de stage !

  • Bouffe super au gîte et sous terre

Eh oui. Et c'est en grande partie pour cela qu'on fait des stages ici.

  • Organisation: connaissance de la constitution des équipes trop tardive, l'idéal serai que les équipes soient définies juste après le repas du soir

Et même "juste avant", ce qui permettrait de discuter à table. Je suis d'accord : on a merdé sur cet aspect essentiel. Problème de gestion du temps en fin d'après-midi.

  • Rythme, alternance sur terre technique.. et sous terre péda idéal

Oui. C'est réfléchi, et expérimenté. La stratégie est d'avoir un temps moteur maxi sur 7 jours, tout en évitant l'épuisement.

  • Besoin d'un bilan péda quotidien, bilan de groupe puis individuel avec chaque stagiaire initiateur

Exact. On en revient au problème de gestion du temps en fin d'après-midi.

  • Manque de matos: amarrages

Comme toujours ! Pourtant, 300 amarrages pour 20 stagiaires... Le problème doit être ailleurs non ?

  • Faire faire les exposés par les initiateurs avec une préparation avant le stage serait une bonne idée

Déja tenté. Difficile à appliquer car cela raccourcit terriblement les nuits. Et de toutes façons, il faut connaître les inscrits quelques semaines avant n'est-ce pas... ;-)

  • Demande de plus de rigueur dans la tenue des fiches individuelles d'évaluation

Demande légitime, une fois de plus liée à la fin d'après-midi.

 Les remarques formulées par le groupe Découverte-Perfectionnement

  • Groupes de 3 stagiaires entraînent trop d'inertie.

Bien d'accord ! Mais ce n'était pas prévu comme cela. Sauf que voila : il aura manqué un cadre toute la semaine... et croyez-moi il avait les boules !

  • Le soirées n'étaient pas toutes assez intenses et préparées

Possible, oui. Pas facile de proposer des thèmes qui conviennent à la fois à des débutants et à des spéléos confirmés.

  • On aurait souhaité des études de topos, de matériel, comment préparer fiches d'équipement...

Je comprends. Si "on" me l'avait demandé, j'aurais pu répercuté ce souhait sur les moniteurs !

  • Manque de flux spontané d'information

Je n'avais jamais entendu cela auparavant. Plus souvent on sollicite des informations plus concises et ciblées... Enfin à voir. Mais comme toujours "une question non posée est une réponse de perdue"...

  • Nécessité de bilans plus formels, en groupe et individuels

Bien sûr. Et une fois de plus, c'est le créneau 17-19 heures qui fonctionne mal. Je vais étudier ça de près.

  • On savait trop rarement le soir ce qu'on allait faire le lendemain.

Pareil ! Pas de bilan, donc pas de désirs ou de besoins identifiés. Grrr....

  • C'était quand même super. Très bonne organisation par rapport à d'autres fédérations sportives...

Ouf ! Merci Odile.

Finalement, même s'il est classique et naturel durant un bilan de relever surtout ce qui est à améliorer, chacun s'est accordé à dire que cette semaine de stage a été bien agréable et formatrice. Alors tant mieux, et parce qu'un stage n'est jamais terminé, voici l'étape du compte-rendu détaillé, que vous allez conserver soigneusement et surtout montrer aux copains n'est-ce pas ?

Maintenant, tout ce que je vous souhaite, c'est de continuer la spéléo ! Mais restez prudent...

A bientôt j'espère.

Rémy Limagne, 05 août 2003

 Et quelques images de plus...

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