Groupe d'Etudes

Techniques de l'EFS


 

 

Info-EFS n°45-46 - 1er et 2ème semestre 2004

 

Le descendeur INDY de la marque KONG

 

 Nicolas CLEMENT

Groupe d'Etudes Techniques EFS

 

 1. Introduction

Dans son premier numéro de novembre 1978, le magazine de montagne " Alpinisme et randonnée " présentait le descendeur Indy de la marque italienne Kong dans ces termes : " … tout ceci semble limiter son emploi à la spéléo ou éventuellement, aux manœuvres de sauvetages. " Etant réapparu depuis peu chez certains revendeurs, notre esprit curieux, nous a décidé à l'utiliser en spéléologie pour en connaître ses avantages et inconvénients. Est-il adapté à notre pratique ?

2 - Description du descendeur

2.1. Généralités

Nous pouvons le classer dans la catégorie des autobloquants. Il est conçu pour stopper la descente en cas de lâcher de corde. Il mesure 23 cm de long, pèse 480 g et coûte environ 78 euros.

 

2.2. Les composantes du descendeur

L'Indy est principalement composé de deux flasques, deux poulies, une poignée. Il se fixe au baudrier par l'intermédiaire d'un mousqueton placé dans les trous des deux flasques. Le flasque supérieur est doté d'un cliquet pour ouvrir le descendeur sans l'ôter du mousqueton. Il est mobile autour de l'axe de la poulie inférieure. Cette poulie est reliée à la poignée. Une tige relie la poignée au taquet, mobile autour du 3° axe. La partie droite du taquet vient pincer la corde lorsqu'on lâche la poignée, empêchant la descente. D'autre part si la pression est trop forte sur la poignée, c'est la partie gauche du taquet qui prend le relais en stoppant toute descente. Une pression modérée de la poignée a pour effet de débloquer le taquet de la corde et de changer la position de la poulie inférieure, donc de descendre.

 

2.3. Les informations du fabricant

les inscriptions sur le descendeur et la lecture de la notice montrent que sa conception est prévue pour les travaux en hauteur réglementés par le monde du travail et de l'industrie  (limité par exemple aux cordes de 10 à 13 mm sur une hauteur de 100m maximum).

3 - La progression sur corde de 9mm et 8mm.

3.1. La mise en place de la corde.

La première impression est d'avoir un outil lourd et encombrant. La mise en place de la corde nécessite de l'habitude car le taquet de blocage gêne le passage au niveau de la poulie supérieure. Il est nécessaire de jouer sur la poignée pour laisser suffisamment d'espace entre le taquet et la poulie. Nous conseillons vivement un mousqueton de freinage pour un meilleur contrôle de la descente.3.1. La mise en place de la corde.

La première impression est d'avoir un outil lourd et encombrant. La mise en place de la corde nécessite de l'habitude car le taquet de blocage gêne le passage au niveau de la poulie supérieure. Il est nécessaire de jouer sur la poignée pour laisser suffisamment d'espace entre le taquet et la poulie. Nous conseillons vivement un mousqueton de freinage pour un meilleur contrôle de la descente.

3.2. La descente

Pour descendre, il est nécessaire d'appuyer fortement sur la poignée. Cette forte pression est une gêne car elle sollicite fortement l'avant bras gauche. Mais attention de ne pas trop forcer au risque de stopper la descente. Le confort de la descente est similaire quel que soit le diamètre de la corde. La différence se trouve lorsque la corde est boueuse. C'est à ce moment là que le mousqueton de freinage est indispensable.

La vitesse de descente se fait grâce au mousqueton de freinage et au changement d'inclinaison de la poulie inférieure. La corde n'est pas pincée entre les deux poulies comme sur d'autres descendeurs autobloquants. Il en résulte aucun aplatissement ou ovalisation de la corde.

Le blocage semble aussi efficace en cas de lâcher de corde que lors d'une forte crispation sur la poignée.

L'arrêt sur corde nécessite une clé de blocage pour éviter de se faire surprendre en cas de pression involontaire de la poignée. Le risque est faible car la pression doit être forte.

3.3. Rattraper le mou

Il n'est pas possible de rattraper le mou, à cause du taquet, lors d'un passage de fractionnement. On ne peut donc pas remonter sur corde (réchappe ou réglage de la hauteur pour un planté de spit).

3.4. Condamnation de l'autobloquant

On ne peut pas verrouiller le blocage automatique pour libérer la main de la poignée lors d'un franchissement d'étroiture verticale ou pour penduler.

4 - Autres utilisations

4.1. La progression hors corde

La poignée est dépourvue de ressort ce qui ne lui permet pas de rester positionnée contre les flasques du descendeur. Elle a donc tendance à s'accrocher aux aspérités de la roche lorsque le descendeur est fixé au baudrier. En particulier dans les étroitures et les méandres.

4.2. L'utilisation en frein de charge

La descente de personne grâce au descendeur positionné sur un amarrage fixe ne présente pas de problème particulier.

4.3. La tension de tyrolienne

Il n'est pas possible de tendre une tyrolienne à cause du taquet. Les différents passages de la corde ne changent rien : classique ou demi stop sur la poulie inférieure.

5 - Conclusion

Ce descendeur semble répondre aux exigences de sécurité pour lesquelles il a été conçu : stopper la descente quand la personne lâche la corde et la poignée (glissade ou chute de pierre), mais la bloquer tout aussi efficacement si elle presse la poignée à fond en cas de peur panique.

Cependant, son utilisation en spéléologie, avec ses techniques spécifiques, est mal commode : lourd, encombrant, impossibilité de reprendre du mou, pas de condamnation de l'autobloquant, impossible de tendre une tyrolienne.

Ce descendeur, pourtant âgé de 25 ans, est pratiquement inexistant dans la panoplie du spéléologue français qui continuera sans doute de lui préférer le STOP de la marque Petzl… s'il fait le choix d'un descendeur autobloquant.

 

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